ALIMENTATION
« LA QUALITE POUR TOUS »
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- Rapport de la rencontre – débat
- 17 juin 2003
Espace 101 – LYON 8ème
Sylvaine Maurel
CENTRE TECHNIQUE REGIONAL DE LA CONSOMMATION
20, rue de Condé – BP 2008 – 69227 LYON CEDEX 02
Tél. : 04 78 37 75 17 – Fax : 04 78 38 26 07
Site : www.ctrc-rhone-alpes.org - Email : ctrcRA@aol.com

SOMMAIRE
- Accueil : Jean-Marc MONTERRAT, Président du C.T.R.C.
- Présentation de la journée : Sylvaine MAUREL (C.T.R.C. - Communication), Chargée de mission.
Interventions
- Evolution de la précarité et de l’exclusion et ses conséquences sur l’alimentation et la santé.
Patrice SAUVAGE, Directeur de la mission régionale d’information sur l’exclusion (M.R.I.E.)
- Plan National Nutrition Santé et premières expériences en Région.
Marie-José COMMUNAL, Médecin Inspecteur à La Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales Rhône-Alpes (DRASS)
- La démarche qualité :
Signes officiels, qualité des produits, et coûts.
Résie BRUYERE, Expert en agro-alimentation – Union Féminine Civique et Sociale (UFCS/Familles Rurales) secteur consommation.
Qualité et santé : vers une approche globale ?
Claude BOUCHET, Directeur du Collège Rhône-Alpes d’Education pour la Santé (CRAES-CRIPS)
- Aide alimentaire – Solidarité Duchère (Lyon 9e) – Maguy PETAVIN
- Epicerie sociale et solidaire - Passerelle d’eau de Robec (Lyon 1er)
Sophia MESSAOUDI
- Sensibilisation à l’alimentation de qualité – quartier Mermoz (Lyon 8e) : ARTERE Delphine CARON
Expériences
- Auto-production, auto-consommation : lien social « le passe-jardins » Catherine CREUZE
- « Le marché ensemble » Secours Catholique, Grenoble – Catherine DUMAS
Ateliers
1 – Sensibilisation, information, documentation (outils, démarches éducatives, campagne d’information).
Animation : Brigida GUILLEMOT, INC Paris – Jacques THIBAUD, CRIEL – Marie-José COMMUNAL, DRASS
2 – Approvisionnements – accès aux produits.
Animation : Pascale BLANC, ADDEAR – Laurent JOYET, Chambre Régionale de l’Agriculture Rhône Alpes – Elise LE BIHAN, DRAF Rhône-Alpes
3 – Rôle de l’alimentation en matière de santé et de prévention.
Animation : Régine CAVELIER, ADES Rhône – Marie-Line BEAUPOIL, ADES Drôme – Sophie TEYSSIER, Sylvie GAUBERTHIER, Centre hospitalier d’Annonay (07)
Annexes : Coordonnées des intervenants – ARTERE – Université Populaire - Presse
ACCUEIL : Jean-Marc MONTERRAT
Président du Centre Technique Régional de la Consommation Rhône-Alpes
J’ai le plaisir au nom du Centre Technique Régional de la Consommation Rhône-Alpes, de vous accueillir aujourd’hui à cette rencontre-débat sur le thème : « Alimentation, la qualité pour tous ».
Permettez-moi de vous présenter en quelques mots le CTRC-Rhône Alpes, qui a été créé par les Associations de Consommateurs de la Région, et qui regroupe 16 associations reconnues nationalement. Cela représente environ 70 fédérations départementales qui tiennent plus de 240 points de permanences dans l’ensemble des huit départements de notre région. Ces associations sont d’origines diverses puisque certaines ont été créées par les associations familiales, d’autres par les principales organisations syndicales. D’autres enfin ont été créées spécifiquement pour la consommation.
De par leurs origines comme par leur action, les associations, et le CTRC avec elles, ont un double rôle :
- un rôle économique, car, outre les sommes considérables parfois en jeu, dans certains litiges, elles ont une fonction de régulation du marché, d’une part en identifiant les problèmes et en essayant de les résoudre en collaboration avec les professionnels, d’autre part en repérant et si possible éliminant les brebis galeuses du marché.
- l’autre rôle est le rôle social, et tout le monde comprend bien que pour certaines personnes, les plus modestes et les plus fragiles, la résolution d’un litige apparemment anodin peut revêtir une importance extrême.
Dans ce cadre, les rôles de notre CTRC sont divers :
- assistance juridique auprès des associations de consommateurs ;
- formation des militants et permanenciers de ces associations ;
- production des émissions régionales de télévision « Décodages » qui passent le samedi vers 19h20 sur France 3
- organisation de colloques et journées d’information.
De plus en plus, on demande aussi au CTRC de désigner des représentants dans divers organismes au plan régional, c’est ainsi que deux membres du CTRC représentent les consommateurs au Conseil Economique et Social Régional.
L’acte de consommation est l’un des plus vaste qui soit, et le CTRC, comme les associations, sont amenés à s’intéresser à des domaines très divers : logement, automobile, téléphone, assurances, etc.
Mais le domaine le plus élémentaire et le plus vital, ces deux mots étant pris au sens le plus littéral, c’est naturellement celui de l’alimentation. Ce domaine a été secoué par les crises que vous connaissez, OGM, ESB, entre autres, et nous avons organisé sur ce thème plusieurs journées. Nous sommes également de plus en plus sollicités pour participer à des comités techniques dans des institutions du secteur agricole .
C’est pourquoi l’année dernière nous a été confiée une enquête sur les pratiques alimentaires, dont cette journée est une suite.
Je tiens à remercier la Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt, qui nous a permis de réaliser cette étude et cette journée. Cette rencontre est importante pour nous car nous avons pu réunir plusieurs secteurs concernés par l’alimentation : santé, agriculture, consommation. L’aspect social est pour nous très important. Dans toutes nos démarches nous tenons compte des plus démunis, nos associations tiennent de nombreuses permanences dans des quartiers populaires, et elles ont de nombreux représentants dans les commissions de surendettement.
Cette journée est importante, mais elle n’est pas pour nous un aboutissement. Elle est une étape et nous sommes prêts, avec les compétences que nous avons développées dans les domaines de la consommation, à nous investir dans d’autres missions, avec la Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes, qui est notre organisme de tutelle, avec les partenaires aujourd’hui présents, et qui ont permis à cette rencontre d’avoir lieu.
Je voudrais remercier tout particulièrement :
- Mme Marie-Rose NARCE, chargée de mission pour l’alimentation à la Direction Régionale pour l’agriculture, la Forêt, l’énergie et l’environnement à la Région,
- M. Philippe NOUVEL, de la Direction Régionale de l’Agriculture et de la Foret,
- La Direction Régionale des affaires sanitaires et sociales
- Le collège Rhône Alpes d’Education à la Santé
- La Mission Régionale sur l’Insertion et l’Exclusion
- Et le Conseil Général du Rhône
Je voudrais remercier aussi les personnes qui se sont déplacées de loin, la Drôme, l’Ardèche ou les Savoies pour participer à cette rencontre, et en particulier madame GUILLEMOT de l’INC qui a dû prendre à 6 heures ce matin un train de PARIS pour être parmi nous.
Nous devons excuser quelques personnes, notamment Mme Catherine BAZOIN, chargée de mission à la Préfecture du Rhône à la Direction des Actions Interministérielles
Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente journée et un excellent travail et je laisse à Sylvaine MAUREL, notre responsable communication, et chargée de l’organisation de cette journée, de vous la présenter plus en détail.
Je vous remercie.
Présentation de la journée
Sylvaine MAUREL (C.T.R.C. – Communication) Chargée de mission
Merci de votre présence à toutes et à tous.
On ne meurt pas de faim aujourd’hui en France. Mais il existe un problème d’accès à la qualité des produits. Cela ne vient pas d’une pénurie de produits alimentaires mais bien d’une insuffisance de revenus pour certains.
L’aggravation de situations économiques augmente le nombre de personnes se présentant aux distributions d’aide alimentaire.
L’exclusion n’est pas uniquement un état de fait mais aussi un processus.
Le CTRC Rhône-Alpes fait partie du groupe technique : « terroir-qualité consommateurs » animé par la DRAF Rhône-Alpes. L’an passé le Complexe Régional d’Information Pédagogique Rhône-Alpes, par l’intermédiaire de la DRAF nous a confié la réalisation d’une enquête sur les pratiques alimentaires dans 5 quartiers « en difficulté » de la communauté urbaine du grand Lyon éligibles à l’objectif 2 et à la politique de la ville.
Nous avons distribué environ 600 questionnaires – 265 ont pu être analysés.
Ces 5 quartiers qui ont participé à cette étude étaient :
- La Duchère – Lyon 9e ( 79 questionnaires)
- Mermoz – Lyon 8e (38 questionnaires)
- Rillieux (36 questionnaires)
- St Priest (77 questionnaires)
- Villeurbanne St Jean (32 questionnaires)
Cette enquête qualitative a pu se réaliser dans de bonnes conditions grâce aux agents de développement, aux travailleurs sociaux et aux membres d’associations présentes sur ces quartiers. Je tiens à les remercier pour l’accueil et le soutien qu’ils nous ont apporté.
Notre rapport présente un état des lieux issu du terrain avec une analyse statistique des pratiques alimentaires des habitants de ces quartiers.
Je ne vais pas vous résumer toute l’enquête car le temps m’est compté, de plus les intervenants de cette journée ont beaucoup de choses à vous dire sur le sujet qui nous réunit. Cependant voici quelques éléments retenus sur l’ensemble de ces quartiers :
- 76% de la population que nous avons interrogée est féminine ;
- 55 % est sans emploi
- 69 % vit avec moins de 1500 Euros par mois et leur budget alimentaire se situe
entre 150 et 600 Euros.
- 74 % ne consomme jamais de produits bio.
- 60 % des enfants prennent un repas à l’extérieur.
- 60 % des courses se font en grandes surfaces,
- 93 % ne se rendent jamais dans une épicerie de proximité, par contre 65 % achètent son pain dans les boulangeries.
Cette enquête a confirmé un certain nombre d’éléments déjà connus : les familles sont nombreuses, la quantité prime sur la qualité, et les boissons gazeuses et sucrées ont une place importante.
Le 15 avril nous avons été invitées avec Elise Le BIHAN de la DRAF à l’Université Populaire du mouvement ATD Quart Monde le thème était : « le rôle de l’alimentation pour notre santé ».
Voici les propos recueillis auprès des familles militantes de ce mouvement :
« - les légumes sont trop chers
- avec le RMI on ne peut pas faire 3 repas
- on voudrait que les assistantes sociales et les professionnels de la santé nous
expliquent mieux
- l’école devrait apprendre à nos enfants
- les régimes sont trop chers
- pourquoi il y a des personnes qui ne mangent pas et qui grossissent ?
- les sucrettes coûtent 2 fois plus chère que le sucre
- les resto du cœur ne nous donnent pas le nécessaire pour faire des menus
équilibrés
- on fait des réserves quant il y a des promotions
- l’alimentation c’est important pour la santé
- on aimerait manger beau avec de belles assiettes et des beaux couverts
- il faut manger pour vivre.
Mais quand on est au seuil de la pauvreté a t-on envie de vivre ? »
Au cours de cette journée, travailleurs sociaux, représentants des secteurs (salariés et bénévoles) : santé, agriculture, consommation, nous allons essayer de mettre en commun nos connaissances, nos expériences, nos réflexions, nos pratiques afin de créer des réseaux de compétences et des propositions de réponses à la question alimentation – la qualité pour tous ?
Manger ne se réduit pas à se nourrir, l’alimentation est un acte social, culturel.
La qualité est multiple, elle est un dû à tous les consommateurs.
Bonne journée. Et encore Merci
Evolution de la précarité et de l’exclusion
et ses conséquences sur l’alimentation et la santé
PATRICE SAUVAGE
Directeur de la Mission Régionale d’Information sur l’Exclusion (M.R.I.E.)
La M.R.I.E assume trois fonctions :
- fonction de veille et d’observation
- fonction d’étude et d’animation de la réflexion
- fonction d’appui aux initiatives de formation et d’évaluation
Observatoire régional de l’exclusion en Rhône-Alpes et lieu de réflexion partagée entre les différents acteurs en ce domaine, la MRIE a peu travaillé sur le lien entre la précarité et l’alimentation. Je vous ferai donc part pour l’essentiel, d’hypothèses sur les conséquences possibles du contexte actuel sur les personnes et de quelques pistes me paraissant pertinentes pour les politiques publics.
I°-Le contexte actuel de la précarité et de l’exclusion est marqué par trois phénomènes :
- Malgré la conjoncture satisfaisante de ces dernières années (avant 2002) qui avait vu se réduire de manière significative le taux de chômage, la pauvreté ne s’est pas réduite dans notre pays (selon les sources, environ 10% des personnes se situent en dessous du seuil de pauvreté). Outre les personnes bénéficiant de minima sociaux, il faut à présent prendre en compte les travailleurs pauvres dont le nombre s’est accru considérablement.
- Cette pauvreté au travail se conjugue fréquemment avec la précarité au travail (CDD, intérim, temps partiel subi). L’insertion professionnelle est souvent provisoire, ce qui se traduit par de nombreux allers-retours entre le travail et l’exclusion.
- Enfin, il faut souligner le développement d’une exclusion qu’on peut qualifier d’identitaire ou de psychologique, qui se traduit notamment par le phénomène « SDF » par le décrochage scolaire ou encore la violence des jeunes. La crise de la parentalité et de l’éducation scolaire ou encore la violence s’ajoute pour toutes ces personnes aux difficultés d’ordre économique et social face auxquelles elles ne sont guère armées au plan personnel.
Cette évaluation de la précarité et de l’exclusion a évidemment des conséquences au plan de l’alimentation et de la santé des individus, mails elle indique également quelques pistes d’orientation pour les politiques publiques en relation avec ce thème.
2- Les conséquences pour les personnes
2.1- Divers travaux menés ces dernières années ont mis en évidence des phénomènes de malnutrition et de déséquilibre alimentaire chez les titulaires de faibles revenus, en particulier de minima sociaux. Ainsi l’étude de l’ARIESE, publiée dans le dossier annuel de la MRIE 1997, a t-elle souligné les carences alimentaires chez de nombreuses bénéficiaires du RMI :
On constate chez eux d’une part une malnutrition qui se caractérise par une insuffisance de la ration alimentaire quotidienne, par des carences de laitages, fruits et légumes, vitamines minéraux et fibres et par un excès de lipides et de féculents.
D’autre part, leurs habitudes alimentaires (absence massive de petit déjeuner, l’un des deux repas sautés, des fins de mois difficiles) aggravent les déséquilibres nutritionnels.
2.2- Cependant, le développement de la précarité et de la pauvreté au sein même du monde du travail laisse à penser que ces phénomènes ne sont certainement pas confinés au monde des « exclus ». Les salariés pauvres et précaires en sont certainement tout autant affectés, voire plus si, de surcroît, ils doivent subir des horaires atypiques et des situations de stress qui pourraient déséquilibrer leurs habitudes alimentaires.
2.3- Enfin, une attention particulière doit certainement être portée aux victimes de la « grande exclusion » - personnes sans domicile fixe, jeunes « désaffiliés »- qui cumulent faiblesse des revenus, perte du lien social et problèmes identitaires. L’examen de l’affectation des Fonds d’Aide aux jeunes (FAJ) montre qu’une part importante de ces fonds est consacrée à la nourriture et qu’ils jouent dans le même temps un rôle de « restructuration personnelle ». En tout cas, ces difficultés identitaires, soulignées notamment par l’ORSPERE, ne peuvent qu’aggraver les déséquilibres alimentaires, en débouchant sur des comportements à risques (alcoolisme, etc).
Il y a en effet toute une dimension symbolique dans l’alimentation, qui touche au plus intime de chacun : même cette dimension profonde peut se trouver atteinte chez certaines populations extrêmement fragiles, alors que chez la plupart des personnes précaires ou en difficulté, il demeure ce point d’ancrage qu’est une alimentation régulière et plus ou moins équilibrée.
3- Quelques pistes pour les politiques publiques
3.1- Il est clair en premier lieu que, chez la plupart des personnes, les déséquilibres alimentaires sont liés à l’insuffisance des revenus et à l’absence d’un travail stable qui contribuerait à structurer les individus. Une première piste de travail consiste alors à agir sur les causes structurelles de pauvreté et de la précarité, à travers :
l Le relèvement des minima sociaux qui ne permettent manifestement pas à leurs bénéficiaires de s’alimenter correctement. Compte-tenu des faibles risques de désincitation au travail provoqués par le RMI proche du SMIC, cette hypothèse ne doit pas être écartée trop facilement ;
l L’accès au travail pour les personnes en difficulté –(à travers l’insertion par l’activitééconomique, mais aussi la mobilisation des entreprises « ordinaires » et la création d’activités d’utilité sociale), conjugué avec une lutte contre le travail précaire, ou du moins une « moralisation » de celui-ci.
3.2- La deuxième piste de travail, d’ores et déjà expérimentée en plusieurs lieux, consiste à s’appuyer plus résolument sur le rôle de l’alimentation dans la structuration des personnes et sa contribution possible à une démarche dynamique d’insertion. Le développement des jardinsfamiliaux peut ainsi leur redonner une dignité à travers une reprise en main de leur alimentation.
(Cf les travaux de Daniel Cerezuelle et Guy Roustang). Des actions collectives, comme « le Marché Ensemble » à Grenoble (Epiceries sociales et solidaires), jouent le même rôle, avec en plus cette dynamisation par le collectif et la dimension d’un véritable partenariat avec les plus défavorisés..
Il faut certes éviter que de telles actions ne « tournent en rond » et n’enfermentles personnes dans une sorte de « ghetto » très en amont de l’insertion dans le travail. Mais ce thème de l’alimentation doit vraiment être considéré comme un point de départ crédible dans le cadre d’une démarche globale d’insertion.
3.3- Enfin, compte tenu des phénomènes d’exclusion identitaires que nous avons pu repérer chez un certain nombre de jeunes, il faut souligner la nécessité d’une démarche de prévention, à laquelle la dimension alimentaire peut utilement contribuer. Ainsi une certaine éducation alimentaire pourrait-elle se développer davantage dans le système éducatif et, concrètement, par le biais des cantines scolaires, mais aussi en reliant davantage CMU et éducation à la santé.
En second lieu, cette question de l’alimentation est un élément important à prendre en compte dans l’animation des « lieux de parentalité » soutenus par la Délégation à la Famille, dont elle pourrait être un point concret d’ancrage.
Peut-être cependant, une politique plus fondamentale de prévention consisterait à faciliter chez chacun l’éducation à la connaissance de soi et l’accès aux sources de son identité, dont découleront des attitudes plus équilibrées en matière d’alimentation et de santé.
En définitive, dans l’esprit de la loi contre les exclusions de 1998, il s’agit bien de promouvoir pour tous le droit à une alimentation de qualité, à la fois cause et conséquence d’équilibre personnel et d’intégration sociale.
Plan National Nutrition Santé
Et premières expériences en Région
Marie-José COMMUNAL, Médecin Inspecteur à la Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales Rhône-Alpes (DRASS)
Marie-José COMMUNAL est coordinatrice du Comité de Pilotage au niveau de la Région dans le cadre du Programme National Nutrition santé
Trois centres d’intérêt :
- Equilibre alimentaire de la restauration collective en milieu scolaire
- Formation à l’allaitement maternel
- Alimentation en situation de précarité.
Programme National Nutrition Santé :
Ce programme concerne l’ensemble de la population. Commencé il y a 2 ans, il est établi pour 5 ans. Son but : améliorer la santé de la population.
Motivations :
- les maladies cardiovasculaires
- Les cancers, qui sont la deuxième cause de mortalité.
- l’obésité chez l’adulte et chez l’enfant
- l’ostéoporose
- la prévalence du diabète tous âges confondus
- cholestérolémie
D’où des conséquences économiques importantes.
Il est aujourd’hui parfaitement établi que l’alimentation et l’état nutritionnel participent de façonessentielle au développement et à l’expression clinique des maladies qui sont aujourd’hui les plus répandues en France, comme dans l’ensemble des pays industrialisés :
• les maladies cardiovasculaires sont aujourd’hui la première cause de mortalité en France (32 % des décès), à l’origine de près de 170 000 décès chaque année ;
• les tumeurs malignes représentent
29 %de l’ensemble des décès chez l’homme et 23 % chez la femme. Le nombre de nouveaux cas est estimé à 240 000 par an ;
• l’obésité concerne 7 à 10 % des adultes et 10 à 12,5 % des enfants de 5 à 12 ans. Sa prévalence augmente, chez les enfants, de façon dramatique depuis quelques années ;
• l’ostéoporose, à l’origine d’une fragilité osseuse exposant les patients à un risque de fractures concernerait 10 % des femmes à 50 ans, 20 % à 60 ans et 40 % à 75 ans ;
• la prévalence du diabète, tous âges confondus, est estimée à 2-2,5 % ;
• près d’un adulte sur 5 présente une cholestérolémie supérieure à 2,50 g/l.
En dehors de leurs conséquences sur le plan humain, ces pathologies ont un coût économique considérable : les coûts directs et indirects des cardiopathies ischémiques ont été estimés à
30 milliards de francs/an ceux attribuables à l’obésité atteindraient près de 12 milliards de francs/an.
A contrario, l’équilibre nutritionnel, une consommation variée, avec une répartition satisfaisante des quantités ingérées permettent, par la consommation régulière d’aliments et de plats largement disponibles en France, de préserver un bon état de santé et la qualité de vie.
Conscients de ces enjeux, la France a fait de la nutrition l’une des priorités de sa présidence de l’Union Européenne. Une résolution sur ce thème a été votée lors du conseil des ministres européens le 14 décembre 2000).
En 1999, la Direction Générale de la Santé avait sollicité l’avis de différents experts nationaux.
En mai 1999, le Ministre de l’Emploi et de la Solidarité et le Secrétaire d’Etat à la Santé et à l’Action Sociale demandaient au Haut Comité de la Santé Publique (HCSP) une étude globale de la situation.
Le rapport « Pour une politique nutritionnelle de Santé Publique en France » contenant diverses recommandations aété remis à la Secrétaire d’Etat à la Santé et aux Handicapés en juin 2000.
Le Premier Ministre, dans son discours de çlôture des Etats Généraux de l’Alimentation du 13 décembre 2000, a annoncé le lancement en janvier 2001 d’un Programme National Nutrition Santé, coordonné par la Secrétaire d’Etat à la Santé et aux Handicapés, en lien avec les membres du gouvernement chargés de I’Education nationale, de l’Agriculture et de la Pêche, de la Recherche, de la Jeunesse et des Sports et de la Consommation. Il en a fixé les grandes orientations.
Le présent plan s’appuie sur les travaux du Haut Comité de la Santé Publique, du Conseil National de l’Alimentation et des Directions techniques des différents ministères impliqués, en concertation avec l’Assemblée des Départements de France,
Objectif général
Le PROGRAMME NATIONAL NUTRITION-SANTÉ
a comme objectif’ général d’améliorer l’état de santé
de l’ensemble de la population en agissant sur l’un de ses déterminants
majeurs qu’est la nutrition.
Neuf objectifs nutritionnels
prioritaires en terme
de Santé Publique
1.Augmenter la consommation de fruits et légumes afin de réduire le nombre de petits consommateurs de fruits et légumes d’au moins 25 %‘.
2.Augmenter la consommation de calcium afin de réduire de 25 %la population des sujets ayant des apports calciques en dessous des apports nutritionnels conseillés, tout en réduisant de 25 % de la prévalence des déficiences en vitamine D.
3.Réduire la contribution moyenne des apports lipidiques totaux à moins de 35 % des apports énergétiques journaliers, avec une réduction d’un quart de la consommation des acides gras saturés au niveau de la moyenne de la population (moins de 35 % des apports totaux de graisses).
4. Augmenter la consommation de glucides afin qu’ils contribuent à plus de 50% des apports énergétiques journaliers, en favorisant la consommation des aliments sources d’amidon, en réduisant de 25 % la consommation actuelle de sucres simples, et en augmentant de 50% la consommation de fibres.
5. Réduire l’apport d’alcool chez ceux qui
consomment des boissons alcoolisées.
Cet apport ne devrait pas dépasser l’équivalent de 20 g d’alcool pur par jour (soit deux verres de vin de 10 ci ou deux bières de 25 ci ou 6 ci d’alcool fort).
Cet objectif vise la population générale et se situe dans le contexte nutritionnel (contribution excessive à l’apport énergétique) il n’est pas orienté sur la population des sujets présentant un problème d’alcoolisme chronique, redevable d’une prise en charge spécifique
6. Réduire de 5 % la cholestérolémie moyenne dans la population des adultes.
7.Réduire de 10 mm de mercure la pression artérielle systolique chez les adultes.
8. Réduire de 20 % la prévalence du surpoids et de l’obésité (IMC> 25 kg/m2)
chez les adultes et interrompre l’augmentation particulièrement élevée au cours des dernières annéesde la prévalence de l’obésité chez les enfants.
9. Augmenter l’activité physique
quotidienne par une amélioration de 25 % du pourcentage des sujets faisant, l’équivalent d’au moins 1/2h de marche rapide par jour. La sédentarité étant un facteur de risque de maladies chroniques, doit être combattue chez l’enfant.
I Un petit consommateur de fruits et légumes est défini comme consommant quotidiennement moins dune portion et demi de fruits et moins de deux portions de légumes (pomme de terre exclue). Les données disponibles en France actuellement font état de 55 et 64 % de petits consommateurs de fruits chez les hommes et les femmes de 45-60 ans et de respectivement 72 et 64 % de petits consommateurs de légumes.
2 On estime que 42% des hommes et 59% des femmes de 45-60 ans ont des- apports en calcium inférieurs aux ANC de 1992.
Neuf objectifs nutritionnels spécifiques
•Réduire la carence en fer pendant la grossesse.
•Améliorer le statut en folates des femmes en âge de procréer, notamment en cas de désir de grossesse.
•Promouvoir l’allaitement maternel.
•Améliorer le statut en fer, en calcium et en vitamine 1) des enfants et des adolescents.
•Améliorer le statut en calcium et en vitamine D des personnes âgées.
•Prévenir, dépister, limiter la dénutrition des personnes âgées.
•Réduire la fréquence des déficiences vitaminiques et minérales et de la dénutrition parmi les populations en situation de précarité.
•Protéger les sujets suivant des régimes restrictifs contre les déficiences vitaminiques et minérales prendre en charge les problèmes nutritionnels des sujets présentant des troubles du comportement alimentaire.
•Prendre en compte les problèmes d’allergies alimentaires.
Principes généraux
La population doit pouvoir bénéficier d’actions concrètes et visibles permettant, en améliorant l’état nutritionnel, de réduire le risque de maladies et d’optimiser l’état de santé et la qualité de vie, à tous les âges de la vie.
Les mesures et actions développées dans le cadre du PNNS s’appuient sur certaines règles :
•le choix alimentaire individuel est un acte libre;
•outre sa vocation biologique, l’acte alimentaire a une forte charge culturelle, sociale, affective ; c’est, en France, un moment de plaisir revendiqué. Le PNNS, prend en compte la triple dimension biologique, symbolique et sociale de l’acte alimentaire ; -
•le choix d’aliments et de plats, comme le comportement alimentaire global, doivent être éclairés par une information scientifiquement valide, compréhensible, et indépendante
•les actions mises en oeuvre par le PNNS Ont comme finalité de promouvoir, dans l’alimentation, les facteurs de protection et de réduire l’exposition aux facteurs de risque vis-à-vis d’es maladies chroniques et, au niveau des groupes à risque, de diminuer l’exposition aux problèmes spécifiques
•le PNNS prend en compte tant la composante apports nutritionnels que la composante dépenses, en particulier la dépense énergétique liée à l’activité physique, afin de maintenir un équilibre entre les deux
•globalement toute action visant la consommation alimentaire humaine en général est orientée par les objectifs nutritionnels prioritaires. Chacune des actions prévue et mise en place, si elle vise un objectif particulier parmi les objectifs prioritaires, ne doit pas aller à l’encontre d’un autre de ces objectifs. Ies stratégies et actions doivent être cohérentes, sans contradiction, ni explicite ni par omission.
Plan National Nutrition Santé 2001-2005
Six axes stratégiques
1. Informer et orienter les consommateurs vers des choix alimentaires et un état nutritionnel satisfaisant.
Eduquer les jeunes et créer un environnement favorable à une consommation alimentaire et un état nutritionnel satisfaisant.
2. Prévenir, dépister et prendre en charge les troubles nutritionnels dans le système de soins.
3.Impliquer les industriels de l’agro-alimentaire et la restauration collective ainsi que les consommateurs au travers des associations de consommateurs et de leurs structures techniques.
4.Mettre en place des systèmes de surveillance alimentaire et nutritionnelle de la population.
5. Développer la recherche en nutrition humaine recherches épidémiologiques, comportementales et cliniques.
6. Engager des mesures et actions de santé publique complémentaires destinées à des groupes spécifiques de population.
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PNNS 2001 – 2005
- Objectifs chiffrés et Échéancier
- Principe de cohérence des messages
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PNNS 2001 – 2005 (en raccourci…)
- augmentez votre consommation de fruits et de légumes….

faîtes de l’exercice !
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PNNS 2001- 2005
Axé sur :
- prévention primaire
- dépistage précoce des dégradations de l'état nutritionnel
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Le point au 1er novembre 2002
- Après 20 mois de mise en oeuvre
- Types d 'actions
- actions en direction du grand public
- actions en direction des professionnels
- textes réglementaires
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Grand Public
· Campagne médiatique : affiches 5 Fruits ou Légumes par jour (automne 2001); chroniques Radio en mai, diffusion de plaquettes.
· Logo PNNS (utilisation nationale et locale)
· Guide alimentaire national (Petit Livre Vert)
· En préparation : Guide alimentaire nourrissons, enfants, adolescents (pour 2004 par l’AFSSA + INPES)
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Grand Public
· Site internet du PNNS
www.sante.gouv.fr
cliquer « les dossiers », « N », « nutrition »
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Vers les professionnels
* Recommandations ANAES en cours
* Allaitement maternel
* Dénutrition P. Agées en établissement de soins
* Prévention, prise en charge de l'obésité chez l'enft
* Création 65 postes diététiciennes (2001,2002)
* Rapport sur métier et formation de diététicien en France (sept 2002)
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Professionnels
* 3 Réseaux Ville Hôpital expérimentaux de P en C de l'Obésité de l'enfant
* Travail en cours sur dépistage de la dénutrition en cours d'hospitalisation
* Travail en cours sur l'intégration de la composante nutrition dans les enseignements scolaires
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* Outils pour l'évaluation nutritionnelle de l'adulte et de l'enfant (disque de calcul de l'IMC, courbes accompagnatrices) : diffusion début 2003
* module de FC sur prévention et prise en charge de l'obésité de l'enfant (prêt début 2003)
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Professionnels : soutien à...
* Guide « Ressources en allaitement maternel »
* Guide pratique sur l'allaitement maternel
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* Synthèse scientifiques du PNNS : 1 est parue
Nutrition Personnes Âgées;
Bientôt : Nutrition et cancer; etc...
* Unité nutrition phase é l'InVS, mixte avec le CNAM qui mène deux enquêtes
Enquête Nationale Nutrition Santé (ENNS)
Enquête individuelle et nationale sur consommation alimentaire (INCA2)
pour évaluer la mise en oeuvre du PNNS
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* Recherche appel, d'offres
* Textes réglementaires :
Circul. Éducation Nationale : Comité de liaison
alimentation nutrition à l’hôpital; intégration dans PRAPS
* Orientations actuelles : appropriation du PNNS par services déconcentres
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Comité technique Régional PNNS constitué et chargé de ..
* l'état des lieux régional
* la déclinaison régionale du PNNS
* le suivi de l'appel à projets
* la mise en place d'un système de suivi de l'application du PNNS
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Priorités régionales retenues dans le cadre du PNNS
* Prévention de l'obésité de l'enfant à travers la nutrition de l'enfant en milieu scolaire : étude-action de l'application de la circulaire de 2001 sur la restauration scolaire
* Promotion de l'allaitement maternel
* Alimentation en situation de précarité
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En 2002: appel à projets national
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France
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Rhône-Alpes
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Projets reçus
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+ de 230
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20
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Projets retenus
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41
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5
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Refus cause
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52
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5
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Finances
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Refus motivé
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113
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Financements actions Rhône-Alpes : 98 500 euros
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Autres financements accordés par DRASS‑DDASS en 2002:
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Appel à projets national 2003
* représente (comme en 2002) 800 000 euros environ. II nous a été demandé de faire remonter 7 projets de Rhône Alpes (pré-choix sur les 21 demandes reçues)
* 5 projets financés, à hauteur de 107 000 euros
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Sur le plan national, des actions ont été menées en direction du grand public, des émissions radio, TV, une diffusion de plaquettes ainsi qu’un petit livre vert qui a connu un grand succès (1 100 000exemplaires vendus).
Guide alimentaire pour tous « LA SANTE VIENT EN MANGEANT »
Allaitement maternel : à la sortie de la maternité, 50 % des femmes pratiquent un allaitement mixte puis chute.
Nous assistons à une remontée de l’allaitement dans la classe moyenne mais pas encore dans toute la population.
Une journée sera consacrée à l’allaitement maternel fin septembre.
Actions vis à vis des professionnels de santé : des postes de diététicienne ont été créés en milieu hospitalier.
Le Ministère a souhaité un développement de réseau Ville Hôpital :
- Expérimental de l’obésité chez l’enfant.
- Dépistage de dénutrition en cours d’hospitalisation.
Des travaux sont en cours entre le Ministère de la Santé et le Ministère de l’Education Nationale pour inclure la nutrition dans les programmes scolaires :
- Préconisation de fontaines d’eau dans les écoles, d’un équilibre alimentaire et d’une éducation nutritionnelle.
- Incitation à des travaux de recherche appliquée.
Au niveau régional :
Un Comité a été chargé de suivre l’application de ce programme.
Tous les projets devaient remonter au Ministère (41 projets ont été retenus au niveau national dont 5 en Rhône-Alpes).
L’appel à projets cette année devait remonter au niveau régional et chaque région devait
en transmettre un certain nombre.
On a tenu compte des thématiques prioritaires.
7 projets sont remontés pour Rhône-Alpes au Ministère et 5 projets ont été finalement retenus à hauteur de 108 000 euros.
La démarche qualité
Signes officiels, qualité des produits et coûts
Résie BRUYERE, expert en agro-alimentation
Union Féminine Civique et Sociale (U.F.C.S. Secteur Consommation)
LES SIGNES OFFICIELS DE LA QUALITE
Dans le dédale des logos officieux et officiels qui fleurissent sur les étiquettes des produits agro-alimentaires mis en vente auprès des consommateurs, ces derniers ont beaucoup de mal à faire leur choix tant il est difficile de faire la distinction entre tous ces logos et la signification de chacun.
Je vais donc vous parler tout particulièrement des signes officiels de la qualité en France.
J’aborderai en fin d’exposé, les logos de mention « marketing ».
Tout produit français, avant d’être mis en vente, est soumis à la réglementation et aux règles générales de la Sécurité Alimentaire. Les deux administrations qui ont en charge ces respects de la réglementation sont les DSV (Direction des Services Vétérinaires) et la D.G.C.C.R.F. (Direction Générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Bien entendu, les signes officiels de la qualité n’échappent pas à ces règles basiques.
Mais qu’ont-ils de plus, et combien sont-ils ?
Ils sont au nombre de 4 :
- L’appellation d’origine contrôlée ou AOC.
- Le label rouge ou LR.
- La certification de conformité ou CC.
- L’agriculture biologique ou AB.
La politique de la qualité n’est pas récente en France puisque l’appellation d’origine contrôlée (AOC) est le plus ancien des signes : il est né en 1935. Le label Rouge (LR) a été crée en 1960. L’Agriculture Biologique (AB) en 1980 et la Certification de Conformité (CC) a vu le jour en 1990.
Ces signes sont garantis par l’Etat via son Ministère de l’Agriculture, ce qui les rend « officiels ». Ils répondent aux attentes des consommateurs en matière d’origine, de qualité, d’élaboration, d’environnement, et suite aux grandes affaires, à plus de sécurité alimentaire.
Ils sont validés par deux grandes instances que sont :
- l’Institut National des Appellations d’Origine, l’INAO, pour l’appellation d’origine contrôlée (AOC) - et la commission nationale des labels et certifications de produits agricoles et alimentaires appelée, plus communément, CNLC.
Voici les grandes lignes communes propres à ces 4 signes.
Cependant, ils ont des spécificités attribuées à chacun de leur logo.
L’appellation d’origine contrôlée (AOC) garantit la dénomination géographique d’un produit. Elle implique un lien entre celui-ci, le terroir et le talent de l’homme. C’est le signe le plus connu par les consommateurs car il couvre un grand nombre de vins, de fromages et autres produits (exemple : pour notre région, la volaille « le poulet de Bresse »).
Le label rouge atteste qu’une denrée alimentaire ou qu’un produit agricole non alimentaire et non transformé (des semences par exemple) est de qualité supérieure.
L’agriculture biologique se définit par l’utilisation de productions excluant tout produit chimique de synthèse au profit de techniques respectueuses de l’environnement. De même, le bien-être animal est une préoccupation majeure.
Enfin la certification de conformité garantit une qualité constante ne portant que sur certains points précis : suivant le cas, la fabrication, la transformation, l’origine ou le conditionnement.
Ce signe est en train d’évoluer vers davantage de rigueur à, travers des exigences et recommandations que nous mettons en place à la CNIC, catégorie de produit par catégorie.
Ces trois derniers signes reposent sur des cahiers de charges ou référentiels élaborés par des groupements de producteurs, d’éleveurs etc…
Ces cahiers de charge passent par un premier contrôle effectué par des organismes certificateurs indépendants et locaux. Après avoir étudié et accepté par leur comité de certification ils sont envoyés à la commission nationale des labels. Ils sont à nouveau étudiés par des rapporteurs puis présentés en séances plénières afin d’être validés ou rejetés. Ils ont droit à trois passages en plénières.
Ceci fait qu’un référentiel peut mettre un, voire deux ans avant de trouver le produit sous sont signe officiel de qualité en vente auprès des consommateurs.
Enfin dernière information technique sur ces signes : à l’exception du logo AB, ils peuvent bénéficier d’une protection juridique européenne sous leurs noms géographiques (lieu-ville ou région). Pour l’appellation d’origine contrôlée (ACO) c’est l’AOP (appellation d’origine protégée) et pour le label rouge et la certification de conformité, c’est l’IGP (Indication géographique Protégée).
Exemple : la saucisse de Strasbourg n’est pas protégée par une IGP. Elle peut être fabriquée dans n’importe quelle région de France et porter le terme « Strasbourg » sur son étiquette.
Aujourd’hui, dans le cadre de cette rencontre – débat, je me sens un peu mal à l’aise pour vous parler des ces signes officiels de la qualité, car vous avez bien compris que pour arriver sur notre table, ils ont eu un long et parfois difficile parcours. Ils sont le résultat à une démarche volontaire de la part des producteurs. En corollaire, ils ont un coût élevé supérieur à celui d’un produit standard, ce qui les rend non accessibles à tous.
Nous, représentants des consommateurs, sommes conscients de cette difficulté financière bien que justifiée. Nous nous efforçons de mettre en place des référentiels contrôlés par un organisme certificateur local et ne passant pas par la CNLC, ce qui permet d’en diminuer le coût. De ce fait, cela rend le produit accessible à un plus grand nombre de consommateurs, tout en garantissant les qualités et sécurités alimentaires (exemple : absence d’OGM, de facteurs de croissance et respect du bien être animal, etc…).
Revenons sur les mentions « officieuses » du début de mon exposé, telles que « naturel, à l’ancienne, maison, traditionnel, artisanal ». Elles portent sur des produits dépourvus de substances ajoutées comme, par exemple, des colorants ou conservateurs. De même ces produits sont censés avoir été fabriqués selon des usages, des recettes, des techniques artisanales ou traditionnelles.
Ces mentions sont définies, tout au plus, par la D.G.C.C.R.F.
Quant aux mentions reconnues ou élues « produit ou saveur de l’année », sachez que celles-ci ne sont que des concepts « marketing ».
De même les médailles des divers concours ne sont que des récompenses attribuées à un moment précis : elles n’augurent pas de la qualité régulière du produit.
Merci
La démarche qualité
Qualité et Santé : vers une approche globale ?
Claude BOUCHET
Directeur du Collège Rhône-Alpes d’Education pour la Santé (CRAES-CRIPS)
Centre régional de ressources qui a pour mission l’éducation pour la santé.
A beaucoup travaillé sur la santé des populations en précarité
L’accès à la qualité, du point de vue de la promotion santé
Rappel : position de l’éducation pour la santé
Démarche d’appuis à une meilleure gestion par chacun de sa santé et de celle de son entourage.
Des moyens : l’écoute, l’analyse, l’information, l’appui sur les savoirs et les compétences, le renforcement du pouvoir sur ses choix, la participation…
Souvent, on parle de prévention (des maladies, des accidents) et de promotion de la santé (du bien-être), l’éducation est un outil pour les deux, parmi d’autres : la réglementation, l’organisation sociale…
Dans une conception ouverte de la santé : pas réduite au corporel mais ouverte au psychologique et au social.
Qu’est ce que l’éducation a à dire en référence à l’accès de tous à une alimentation de qualité ?
D’abord que l’alimentation est une des conditions de la santé dans ses trois dimensions :
- Physique par les apports nutritionnels qu’elle fournit et on connaît aujourd’hui à peu près ce qui est conseillé pour répondre aux besoins du corps tant pour la protection de certaines maladies que pour le maintien ou le développement de ses capacités
- mais aussi psychique par le plaisir que manger nous fournit : et on ouvre ici sur les goûts, les dégoûts.
- et bien sûr social parce que manger est une forme importante du lien social, comme support d’échange avec les autres.
La qualité de l’alimentation, pour nous, doit s’apprécier par rapport à ces trois axes.
Le concept de qualité
Une définition : propriétés d’un produit ou d’un service qui détermine sa capacité à rencontrer la demande de la population ou à répondre au besoin défini par les professionnels (en référence aux connaissances scientifiques actuelles).
Equilibre à trouver entre la qualité définie par les professionnels et les attentes de la population : parallèle possible avec la qualité des soins.
Du côté des professionnels, qu’est ce qui domine ? :
Pour les industriels de « l’agroalimentaire » pris dans les contraintes réglementaires autour de la marchandise et du profit.
· la réduction massive des risques : non nocivité, contrôle des produits, le risque est rejeté du côté du facteur humain (le non respect des conditions de conservation, les consommations déséquilibrées…).
· le développement de l’offre vers le « prêt à consommer » avec une dissimulation croissante des composants et des processus (la matière même de la cuisine).
La qualité, pour eux, c’est la bonne utilisation d’une offre de plus en plus sûre et adaptée à des besoins présentés comme de plus en plus diversifiés.
Pour les professionnels de santé et les médias ?
· l’attention vers les risques nutritionnels : boulimie, obésité, MCV, cancers, carences…
· de multiples propositions de contrôle de ces risques sous la forme de
régimes, de recommandations / prescriptions nutritionnelles,
· une alerte croissante sur les risques et des tentatives d’ordonner un chaos de recommandations, de promouvoir un socle de référence.
La qualité pour eux : des recettes de santé et de cuisines qui sont censées rationaliser les comportements, les faire évoluer vers un meilleur équilibre entre goût et santé.
Du côté des populations, qu’est ce qui domine ?
o assurer le quotidien, manger / faire manger chaque jour ?
o gérer son budget ?
o faire, se faire plaisir
o se donner les forces suffisantes pour vivre ?
Les sociologues nous proposent de différentier :
Pour les milieux populaires : ils évoquent l’importance des corps gras, des féculents, des pommes de terre, des grignotages, de la bonne chère, comme la moindre consommation de produits frais, de produits laitiers, de fruits de certaines viandes à l’inverse des classes moyennes ou supérieures valorisant les légumes, les laitages…
Ainsi Pierre BOURDIEU (la distinction) oppose goût du luxe (de liberté, de distance par rapport à la nécessité) ancré sur le fin, le léger et goût de nécessité : goût populaire pour les nourritures nourrissantes et économiques, qui tiennent au corps…..
Des styles de vie qui positionnent différemment la qualité.
- La qualité, pour les premiers un rapport substantiel à la vie, ou on en a pour son argent, ou on est naturel, sans chichi, sans façon ou on mange « suffisamment » (BOURDIEU parle de « franc manger » comme on parle de « franc parler »)….pour les uns.
- La qualité, pour les seconds, une distance, une retenue, une discipline de la consommation alimentaire, une censure douce, une esthétisation des pratiques de la table… pour les autres.
Donc des styles de vie différents qui montrent que la qualité n’existe pas en soi, mais est construite socialement.
Et pour l’éducateur que je suis, quel rapport à la qualité dans le champ de l’alimentation ?
La qualité appliquée à la démarche éducative.
Une démarche qui croise les attentes de la population, ses savoirs, savoir-faire, ses contraintes et les connaissances scientifiques disponibles.
Connaître
Accès à des informations compréhensibles.
- Sur les besoins nutritionnels, sur les valeurs nutritionnelles des aliments.
- Sur les groupes d’aliments, sur les portions types.
- Sur le « temps » de l’équilibre nutritionnel.
- Mieux connaître les mots de la cuisine, son langage.
Repérer, choisir
- Savoir faire une liste d’achat associée à un budget.
- Identifier des équivalences, trouver des alternatives.
- Détecter les trucages derrière les conditionnements, lire les étiquettes.
Faire, risquer, échanger, faire ensemble
- Elargir ses connaissances et compétences (les ateliers de cuisine).
- Apprendre les basique (pâtes…), être plus autonome pour transformer les aliments.
- Se constituer un stock de recettes, son livre de cuisine, renforcer son envie de faire.
- Dominer sa peur par rapport à ses capacités, maîtriser ses peurs par rapport à certains produits, matériels.
- Se faire des stratégies, des plans alimentaires.
- Gérer le frais, les conserves, les restes.
La qualité, peut-être ?
- Développer son savoir cuisiner.
- Le développer en conscience de son potentiel de construction de la santé.
- L’évaluer à l’aune de son plaisir et celui des autres.
Questions et réactions du public
- Association Voisinage - VILLEURBANNE- ST JEAN
Nous constatons que des personnes jeunes ou moins jeunes suivent des régimes à outrance car il faut garder la ligne. Ceci touche toutes les classes.
Pour des régimes médicaux, la suppression d’aliments essentiels entraîne des déséquilibres. (exemple : cholestérol, certains médecins préconisent la suppression d’œufs et de fromages).
Ne faut-il pas écouter son corps ?
Réponse de Madame COMMUNAL :
Il ne faut pas supprimer ce que l’on aime, notre plaisir doit rester car il aide à l’acceptation du régime. Certains médecins ne sont pas suffisamment formés pour conseiller des régimes et les diététiciennes sont là pour aider les gens.
Il faut trouver un équilibre dans la diversité.
En médecine la notion de régime évolue.
- Pourquoi pas moi - VILLEURBANNE- ST JEAN
Les ateliers cuisine – Les restos du cœur apportent un peu de qualité à ces familles.
Les traditions culinaires se perdent chez des familles étrangères. La troisième génération ne sait plus cuisiner (i.e : faire avec peu).
Tant qu’il n’y aura pas de solutions à la précarité, il n’y aura que peu de réponse à l’équilibre alimentaire .
- ORGECO 69
La recherche de qualité vient plus de la demande des consommateurs que des lobbies industrielles, exemple : O.G.M.
Le secteur agro-alimentaire est tellement technique qu’il est difficile pour les associations disposant de peu de moyens de promouvoir les aspects santé, alimentaires.
Réponse de Résie Bruyère :
Les gros tels que MONSANTO ou AVENTIS sont allés très vite et n’ont pas demandé aux consommateurs ce qu’ils en pensaient. Ceci a été pratiquement imposé.
- AFOC 69
Quels sont les droits de surveillance sur le transport des denrées alimentaires et leur stockage ? Est-ce du ressort de la DRASS ou DASS ?
Réponse :
Aucun droit de surveillance, elles interviennent uniquement en cas d’intoxications. Ce rôle est dévolu à la D.S.V. et la DRAF.
- Les Restos du cœur
Nous servons 60 millions de repas en France. Les légumes frais ne sont pas toujours bien acceptés, les restos du cœur proposent des recettes, mais un certain nombre de bénéficiaires ne peuvent pas cuisiner (Squat).
Le problème n’est pas simple, car les produits sont tous achetés et groupés sur PARIS.
Les populations ne mangent pas de tout (poulet, porc). En Rhône-Alpes, il faudrait fournir plus de poisson. L’an prochain, nous essaierons de distribuer des produits sans sucre pour les diabétiques.
Manger équilibrer est une question de comportement.
- Alliance
Le comportement des gens est difficile à changer. Former les médecins généralistes et les enseignants ne serait-ce pas une solution ?
Cette question est posée à Mme COMMUNAL.
Réponse :
Un groupe de travail « Education Nationale Santé » travaille sur l’intégration en milieu scolaire des aspects nutritionnels.
Un groupe régional sur la restauration collective en milieu hospitalier a été crée.
Les enfants sont souvent en surcharge pondérale vers 6 ans en raison d’une mauvaise alimentation. Il faut travailler sur les quantités, déboucher sur la qualité, savoir déchiffrer les étiquetages et donner des cours de cuisine au lycée.
D’une manière générale, certains clichés comme manger deux fois par jour de la viande sont à revoir.
Dans les cantines scolaires, les enfants ne mangent pas assez de fromages d’autant plus que certains sont peu intéressants sur le plan nutritionnel ; quant à ceux enrichis en minéraux de calcium, ils sont en théorie interdits.
Témoignages
Aide alimentaire
Maguy PETAVIN
Présidente de Solidarité Duchère-Lyon 9ème
Association de quartier créée en 1994 à la demande des travailleurs sociaux : 100 bénévoles y travaillent en partenariat avec les restos du cœur.
Les Restos du Cœur font leur distribution de décembre à fin mars.
Solidarité Duchère fait 12 distributions annuelles plus modestes que celles des restos du coeur : 6 d’avril à juin et 6 de septembre à décembre sans participation financière.
En été : dépannage sous forme de chèque, mais cette subvention de la ville de LYON risque d’ être supprimée.
Les bénévoles travaillent avec les restos du cœur, avec la banque alimentaire, les deux centres sociaux, la bibliothèque de la Duchère (accès à la culture)
L’association reçoit également des dons des gens du quartier.
Aide jusqu’à 300 familles – 650/700 parts tous les 15 jours
Distribue légumes, fruits frais, laitages, œufs, poissons, viandes, pain, huile, sucre,
conserves, vins, un peu de chocolat (mais problème avec les personnes du Maghreb pour les poulets et le porc).
Deux fois par an : huile, farine, café.
Remarque : utilisation des marchés de la Duchère fort importante.
Profil du public :
Grande souffrance psychologique, personnes sans revenu, la loi 98 semble peu efficace.
Personnes seules : 5 à 6 %.
Ressources minima.
Depuis deux à trois ans jeunes très démunis.
Etrangers en situation irrégulière.
Proposition pour les personnes issues de la troisième génération : leur apprendre à faire la cuisine, renouer avec les traditions pour cuisiner, recettes simples et les jardins familiaux
Epicerie Sociale et Solidaire
Passerelle d’Eau de Robec- Lyon 1er
Sophia MESSAOUDI
- Bénéficiaires :
Personnes touchant le RMI, le SMIC, des familles surendettées, des étudiants ponctuellement, quelques personnes âgées ainsi que des handicapés.
Il est demandé un justificatif de ressources (moins de 5 euros/jour)
Notre épicerie travaille avec des associations de réinsertion (projet de vie)
- Partenariat :
Avec des fournisseurs qui permettent d’avoir des prix très réduits par rapport à la quantité achetée
1) Monoprix, 4 collectes deux fois par an.
Nous essayons de demander des produits de qualité et équilibrés autres que les féculents.
2) Fruits et légumes de saisons avec des petits producteurs mais cela a un coût.
3) Donation : insuffisante.
4) Appel à des formations pour les bénévoles qui ne sont pas des professionnels.
JP MORIN- demandeur d’emploi
Bénévole à l’Epicerie Sociale
Point important
L’épicerie sociale est une entreprise commerciale où l’on vient y faire ses courses comme Monsieur tout le monde pour rester dans le circuit de la société.
Il faudrait multiplier les fournisseurs pour un meilleur approvisionnement.
Sensibilisation à l’alimentation de qualité
ARTERE (Association pour la redynamisation des territoires et espaces ruraux excentrés)-quartier Mermoz-Lyon 8ème
Delphine CARON
ARTERE réalise :
- des actions concrètes avec les centres sociaux
- essaie de répondre aux besoins des habitants
- Expériences : aménagement du territoire, restauration collective, échanges et rencontres entre le monde urbain (quartiers sensibles) et le monde rural (agriculteurs) sensibilisation au goût, à l’alimentation et à la nutrition
- Comment faire pour améliorer l’accès aux produits ?
- Epicerie, organisation d’un circuit d’approvisionnement en direct de produits fermiers, marché producteurs, marché demi-gros, opération de ferme en ferme, repas de quartier, discussions avec producteurs, visites d’exploitations fruitières, découverte des fruits pour les enfants, des fruits au goûter, collecte de fruits et atelier cuisine.
Objectif : Rapprochement villes/campagnes, ouverture du quartier vers l’extérieur.
(Voir annexe 2)
Questions et réactions de la salle
- Elise LE BIHAN (DRAF Rhône-Alpes) :
Travaillez-vous en réseau avec d’autres épiceries en France ?
Réponse :
La première épicerie (coopérative) a été crée en 1835. Elles existent surtout dans le Nord de la France.
Dans la région, nous travaillons avec les épiceries de ST PRIEST, et BOURG (marché compté) et prochainement avec ST FONS, VAISE.
Il faut être solidaire et non pas en concurrence. Nous mettons en place des groupes de travail sur les difficultés d’approvisionnements, les besoins d’hygiène, culturel.
- Madame GUILLEMONT – Institut National de la Consommation
L’INC a voulu depuis 4 ans (1998-2002) informer et éduquer les gens en commençant par les enfants, à travers l’Education nationale. Les enseignants étaient volontaires. (une campagne a été faite sous forme de documents pédagogiques mis à la disposition des instituteurs) mais depuis aucune évaluation n’a été faite.
L’INC travaille avec la bonne volonté du mouvement associatif.
Conclusion :
S’unir pour créer des liens.
- Mme Résie Bruyère déclare qu’une passerelle entre les associations de consommateurs et les épiceries est possible – travailler sur la notion de beaux fruits.
- La DRASS fait remarquer qu’elle peut animer des formations sur les règles d’étiquetage, du froid etc…
- Laurent JOYET- Chambre Régionale de l’Agriculture :
Le rôle des associations de consommateurs est de s’associer avec les producteurs et les agriculteurs (porte ouverte).
De nombreuses initiatives sont en cours en Rhône-Alpes.
Expériences
Auto-production, auto-consommation : lien social
« le passe-jardin »
Catherine CREUZE
Un jardin peut-il être un lien social en milieu urbain ?
Le Passe-jardins, association loi 1901 a pour objectif de créer du lien social à travers des jardins urbains.
Jardin collectif d’insertion sociale à Bron, rue Emile Vial. 3 000 m2 de terrain ouvert depuis le 16 avril 2002 à des personnes qui sont en difficulté de vie.
C’est un terrain municipal (convention de 3 ans avec la Ville). Les financements sont revus tous les ans.
Ces personnes ont été repérées par les travailleurs sociaux, les associations de solidarité. On leur demande s’ils veulent participer. On essaie de les faire venir au moins trois fois par semaine, les faire repartir dans une dynamique de vie. Quand les personnes commencent à accepter, elles deviennent productrices de légumes pour arriver à une récolte collective. Ce jardin fonctionne toute l’année.
Ce sont les gens qui le construisent entièrement. Ils ont fait la clôture, la cabane. Un plan de culture a été établi pour 2003. Il y a un partage des récoltes. De plus, ils peuvent offrir des légumes à leurs voisins, ce qui leur permet de retrouver des relations.
Le budget est financé par la Ville, la DASS, le Conseil Général, et l’ Europe (Objectif 2).
La difficulté est de faire venir les gens trois fois par semaine le matin. Ensuite, souvent, ceux qui y parviennent s’engagent dans des formations, des formations de vie, de l’emploi.
« Le marché ensemble »
Le Secours Catholique de Grenoble
Catherine DUMAS
«Le Marché ensemble » rassemble des produits dans un même lieu.
Des personnes qui avaient été aidées par le Secours Catholique au niveau alimentaire et qui ne voulaient pas retourner seules dans leurs quartiers avec leurs problèmes ont souhaité s’organiser pour trouver des solutions ensemble alimentaires ou autres.
Nous nous sommes lancés dans un groupement alimentaire d’achats. Les personnes voulaient rassembler une alimentation moins chère mais de qualité en allant trouver les commerçants de quartier. Petit à petit, on a fait toutes les démarches et constitué un petit magasin avec du matériel pour conserver des produits.
Le groupe allait quelquefois à la campagne pour ramasser des légumes.
Cela a commencé il y a une dizaine d’années. L’important est le côté humain. C’est le groupe qui décide de faire les activités (pique-niques, ateliers cuisine surtout l’hiver, vacances organisées).
Nous sommes en train de développer les relations avec les agriculteurs, cela permet des échanges.
Aujourd’hui, dans un quartier, nous faisons partie d’un collectif à la Villeneuve pour créer des liens entre les consommateurs et les producteurs, marchés de quartier.
La notion de proximité est importante, elle évite le transport, cela permet une production de qualité à peine plus chère que Carrefour.
Il y a aujourd’hui une grande prise de conscience de la manière dont sont produits les aliments.
Mettre le côté humain d’abord et le côté financier ensuite.
Ateliers
Atelier n° 1 :
Sensibilisation, Information, Documentation (outils, démarches éducatives, campagnes d’information).
Animation : Brigida GUILLEMOT (INC Paris)
Jacques THIBAUD (CRIEL)
Marie-José COMMUNAL (DRASS Rhône-Alpes).
Il y a un manque d’information qui se dégage.
Nous nous sommes interrogés sur ce que la qualité représente pour chacun :
- qualité sanitaire
- qualité organoleptique
- qualité nutritionnelle
La première source d’information est l’étiquette qui ne donne pas toutes les informations.
Problème de sécurité sanitaire
Entre les produits « bio » et les produits classiques, la qualité nutritionnelle est bonne.
Problème d’étiquetage insuffisant sur les marchés et surtout pour les poissons (de mer ou d’élevage).
Il est très difficile de rencontrer les producteurs.
Comment favoriser ces rencontres ? organisation au niveau régional. Deux tables rondes sont prévues à l’automne.
Il est donc souhaité une meilleure information.
Au niveau de l’INC, il existe une pédagothèque. Les associations peuvent la consulter sur le site de l’INC.
En Région, projet d’outilthèque sur les produits.
Expérience du Nord Pas de Calais :
- école de la consommation
- sensibilisation à la gestion d’un budget
- savoir lire une étiquette
C’est un personnel bénévole qui a créé ces écoles.
Une association de l’Ain a souhaité une coordination au niveau des associations de la Région.
Depuis 4 ans, l’INC a mené une campagne pédagogique dans les lycées.
ATELIER N° 2
Approvisionnement – Accès aux produits
Animation : Pascale B.BLANC (ADDEAR)
Laurent JOYET (CHAMBRE REGIONALE DE L’AGRICULTURE EN RHONE ALPES)
Elise LE BIHAN (DRAF RHONE-ALPES)
En terme d’approvisionnement, quand le public concerné est en situation de précarité, le coût du produit est un élément à ne jamais perdre de vue.
Afin de limiter ce coût, il faut essayer de limiter au maximum les intermédiaires et privilégier les relations directes entres producteurs et consommateurs.
Les projets innovants, sur le thème de l’approvisionnement, sont généralement basés sur un équilibre fragile entre consommateurs et producteurs.
Les enjeux mis en évidence, lors de l’atelier, pour la mise en place de projets innovants en terme d’approvisionnement sont les suivants :
Au niveau des consommateurs
- Une nécessité de sensibilisation du consommateur à la réalité e l’offre : à la production agricole, à la prise en compte des saisons dans leur alimentation, etc. Exemple : on ne peut pas trouver tous les produits agricoles tout au long de l’année.
- Un besoin de méthodologie pour l’organisation et l’anticipation des consommateurs face à un projet d’approvisionnement. Exemple : quelle quantité va être commandée, à quel prix, quelle sera la diversité des produits, comment va se faire le stockage, quand commander, etc…
- Le consommateur doit pouvoir accepter ces contraintes d’organisation, de planification, d’irrégularité de l’offre, etc…
Au niveau des producteurs
Les producteurs aptes à participer à ce type de projet sont des producteurs qui généralement ont une démarche militante et sont impliqués dans beaucoup de projets de ce type. Ils sont donc très peu disponibles.
àil est nécessaire de créer un partenariat pour faciliter leur tâche et leur permettre de s’impliquer dans le projet sans leur imposer un travail supplémentaire contraignant.
Exemples :
- Aller chercher directement les produits sur l’exploitation,
- Création de structures intermédiaires prenant en charge la vente, le transport, la distribution, etc….
- Créer une plate forme facilitant l’achat des produits et leur stockage. Cette plate forme permet aussi aux consommateurs de limiter les coûts de transport et de stockage.
- De manière plus générale : accompagner les jeunes agriculteurs dans leur installation et les inciter à adhérer à ce type de démarche.
Quelques exemples concrets d’approvisionnement en produits de qualité pour des populations en situation de précarité :
- Le partenariat entre l’Epicerie sociale « La passerelle d’Eau de Robec (LYON 1er) et l’association ADDEAR du Rhône (Association Départementale pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural) : les producteurs approvisionnent l’épicerie en produits frais (fruits et légumes).
- Les jardins partagés : le consommateur produit lui-même ses fruits et ses légumes dans ces jardins collectifs, généralement situés en zone urbaine, dans des quartiers défavorisés.
Quelques exemples concrets de partenariat entre producteurs et consommateurs sur le thème de l’approvisionnement :
NB : ces expériences seraient à adapter à la situation des populations en difficulté.
Source : journées de rencontres (22 et 23 novembre 2002) sur le partenariat entre consommateurs et producteurs, organisées par l’association ALLIANCE Paysans -Ecologistes -Consommateurs (Tél : 01 43 38 06 28, alliance@globenet.org)
- Coopérative de consommateurs « Saveurs du Vexin »
Il s’agit de vendre de la viande de bœuf et de mouton, issue de la ferme, sous forme de colis qui comprend des morceaux avants et des morceaux arrières.
Le coopérateur est propriétaire d’une part (76 euros) qui lui donne le droit de vote. Les coopérateurs viennent chercher leur colis le samedi à la ferme.
- Coopérative de consommateurs Saveurs du Véxin
- Philippe CACCIABUE et Natacha JEGUES
- Ferme de la Bergerie
- 95710- CHAUSSY -Tél : 01 34 67 93 61
- Magasin « La fleur Bleue » (GAND- Belgique) :
Le consommateur commande et achète à l’avance les produits agricoles.
Le commerçant a un rôle de médiateur. Il contractualise avec des paysans locaux, fixe avec eux les prix d’achat.
- Magasin la Fleur Bleue- Mia et Luuk HUMBLET
- Lange Steenstraat 52
- BE- 9000 GAND
- BELGIQUE
- Tél : +32 92330574
- Réseau Cocagne:
Un adhérent d’ un « jardin » achète et paye à l’avance, mensuellement ou trimestriellement, la production de légumes distribuée ensuite en « panier » hebdomadaire. Chaque jardin se fixe des objectifs de réinsertion par le travail en embauchant des personnes en grande difficulté sociale
- Réseau Cocagne- Jean Guy HENKEL
- 9, chemin des Verjoulots
- 25000- BESANCON
- Tél : 03 81 21 21 10
- http//www.reseaucocagne.asso.fr/
A.M.A.P.(Association pour le maintien de l’agriculture paysanne) :
Les consommateurs deviennent partenaires de l’exploitation en achetant en début de saison une part de la récolte de la ferme. Chaque semaine, le consommateur compose son panier de produits frais suivant la récolte du jour. Dans ce partenariat, les consommateurs et le producteur établissent ensemble le planning des productions à venir et le coût de l’engagement financier.
- AMAP Les Olivades- Daniel et Denise Vuillon
- Les Olivades, 257, chemin de la petite Garenne, quartier Quiez
- 83900- OLLIOULES
- Tél/fax : 04 94 30 03 13
- vuillon@olivades.com
Atelier numéro 3 :
Rôle de l’alimentation en matière de santé et de prévention
Animation : Régine CAVELIER, ADES Rhône
Marie-Line BEAUPOIL, ADES Drôme
Sophie TEYSSIER, Sylvie GAUBERTHIER, Centre Hospitalier d’Annonay- Ardèche
Rôle de l’alimentation en matière de santé.
Présentation des actions :
-Travail de l’ADES du Rhône et de la Drôme sur l’obésité des jeunes enfants.
- Deux nutritionnistes d’ANNONAY ont travaillé en hôpital avec un groupe d’enfants obèses.
Expériences :
- Petit déjeuner à VALENCE dans une école primaire
- En PMI dans les salles d’attente, préparation de soupes, goûters. Difficultés à mobiliser les parents.
Constats :
- Manque d’informations au niveau de l’éducation nationale (manque de moyens), sur le métier et le rôle des diététiciens en général.
- Dispenser de l’information sur le « bien manger » auprès d’enfants de famille en précarité soulève un problème d’éthique : le manque de moyens financiers d’obtenir cet équilibre alimentaire dans sa famille.
- Les réflexions menées autour de la parentalité montrent bien ses limites. Il existe beaucoup d’interdits autour de l’alimentation, elles touchent à la dimension éducative, sociale et psychologique.
Certains parents laissent les enfants décider.
La collation de 10 heures est remise en question.
Des adolescents ne déjeunent plus, ils préfèrent dormir…, grignotage des petits…
- Le coût d’une consultation de Diététicien n’est pas remboursé, donc inaccessible.
Par contre, il faut conseiller les structures qui permettent d‘utiliser les conseils de diététiciens.
La prévention sur le bien manger est nécessaire.

ANNEXE N°1
COORDONNEES DES INTERVENANTS
- ADES RHONE
- Régine CAVELIER
- 71, quai Jules Courmont
- 69002- LYON
- Tél : 04 72 41 66 01
- Régine.cavelier@free.fr
-
- ADES DROME
- Marine-Line BEAUPOIL
- 36B, rue Biberach
- 26000- VALENCE
- Tél : 04 75 78 49 00
- Ades.26@wanadoo.fr
-
- CENTRE HOSPITALIER D’ANNONAY
- Service Diététique
- Sophie TEYSSIER et Sylvie GAUBERTHIER
- Rue Bon Pasteur
- 07100- ANNONAY
- Tél : 04 75 67 89 79
- steyssier@ch-annonay.fr
-
- C R I E L-Centre Régional Interprofressionnel de l’Economie Laitière
- Jacques THIBAUD
- 5/9 rue Hermann Frenkel
- 69364- LYON CEDEX 07
- Tél : 04 72 72 49 01
- Fax : 04 72 71 06 59
- jthibaud.criel@actipole.fr
-
- INC – Institut National de la Consommation
- Brigida GUILLEMOT
- 80, rue Lecourbe
- 75732- PARIS CEDEX 15
- Tél : 01 45 66 20 56
- Fax : 01 45 66 20 77
- b.guillemot@inc60.fr
-
- ARTERE
- Delphine CARON
- 12 ? place Croix -Pâquet
- 69001-LYON
- Tél : 04 78 39 89 43
- artere@wanadoo.fr
-
- Résie BRUYERE
- Les Barats
- 71960-BERZE LA VILLE
- Tél/fax : 03 85 37 71 74
- gr.bruyere@club-internet.fr
-
- LE SECOURS CATHOLIQUE
- LE MARCHE ENSEMBLE
- Catherine DUMAS
- 10, rue Sergent Babillot
- BP 436
- 38018- GRENOBLE CEDEX 1
- Tél : 04 76 87 23 13
-
- DRASS RHONE-ALPES - Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales
- Marie-José COMMUNAL
- 107, rue servient
- 69003-LYON
- Tél : 04 72 34 74 05
- dr69-inspec-region-sante@santé.gouv.fr
-
- CHAMBRE D’AGRICULTURE RHONE ALPES
- Laurent JOYET
- 5, rue Hermann Frenkel
- 69364-LYON CEDEX 07
- Tél : 04 72 72 49 30
- Fax : 04 78 61 76 76
- lj@rhone-alpes.chambagri.fr
-
- CRAES CRIPS
- M. Claude BOUCHET
- 9 ? QUAI Jean Moulin
- 69001- LYON
- Tél : 04 72 00 55 70
- Fax : 04 72 00 07 53
- Claude.bouchet@craes-crips.org
-
- ASSOCIATION PASSERELLE D’EAU DE ROBEC
- Sophia MESSAOUDI
- 19, rue des Capucins
- 69001-LYON
- Tél : 04 72 87 07 16
-
- LE PASSE JARDINS
- Catherine Creuze
- 131, rue Callemel LACOUR
- 69008- LYON
- Tél : 04 78 00 22 59
-
- CENTRE SOCIAL DE LA SAUVEGARDE
- Solidarité DUCHERE
- 572,avenue de la Sauvegarde
- 69009-LYON
- Tél : 04 78 35 77 47
- Fax : 04 78 64 50 45
-
- A.D.D.E.A.R.
- Pascale BLANC
- 8, quai Maréchal Joffre
- 69002-LYON
- Tél : 04 78 38 29 20
- Fax : 04 72 41 74 42
- Addear.69@wanadoo.fr
-
- M.R.I.E.
- Patrice Sauvage
- 14, rue Passet
- 69007- LYON
- Tél : 04 37 65 01 93
- Fax : 04 37 65 01 94
- mrie.ra@wanadoo.fr
-
- DRAF RHONE-ALPES
- Elise LE BIHAN
- 165, rue Garibaldi
- BP 3202
- 69401-LYON CEDEX 03
- Tél : 04 78 63 34 08
- Fax : 04 78 63 34 17
- Elise.LE-BIHAN@agriculture.gouv.fr
ANNEXE N°2
PROJET VILLE-CAMPAGNE
Proposition de projet pour Lyon 8e Mermoz
Les habitants du quartier Mermoz à la rencontre des habitants du monde rural
Avril à octobre 2003
1. Contexte-justification
Ce projet est un des résultats d'une étude pré-opérationnelle intitulée "Restauration Collective et nouvelles relations producteurs consommateurs" qui s'est déroulée d'octobre à mars 2002. Le but de cette étude consistait à étudier les possibilités
:
- D'échanges entre le monde urbains /quartier sensible et monde rural - agricole,
- D'organisation d'un circuit d'approvisionnement en direct de produits fermiers. Ce circuit devait approvisionner une cantine scolaire et un centre de loisirs sans hébergement ("centre aéré").
Au terme de cette étape, les conditions précises de faisabilité du projet devaient être déterminées. Or, l'étude d'expériences comparables, l'implication potentielle des partenaires aujourd'hui, la complexité des conditions de réalisation de ce circuit d'approvisionnement (administrative, juridique, financière, organisationnelle) projettent ce projet sur le plus long terme, comme l'aboutissement d'une relation producteurs-consommateurs basée sur une meilleure connaissance l'un de l'autre. II s'avère donc nécessaire d'approfondir les études de faisabilité au cours d'une deuxième étape.
Néanmoins, le processus participatif engagé pendant cette phase a dévoilé le dynamisme des habitants du quartier et des Intervenants (DSU, centres sociaux...) enthousiasmés par l'idée de créer de nouvelles relations avec le monde rural - agricole.
C'est pourquoi, une phase opérationnelle a rapidement été construite devant être menée en parallèle des études à compléter. C'est la partie opérationnelle qui est décrite dans ce document. Les fonds européens "Objectif 2" sont donc sollicités pour développer concrètement de relations durables entre le "quartier sensible" de Mermoz et le monde agricole de la région.
Le centre social de Mermoz se propose donc comme porteur de ce projet afin de mener les activités contribuant à atteindre cet objectif. Déjà le centre social de Mermoz a pour objectifs de contribuer à renforcer les liens sociaux entre les habitants du quartier, d'accompagner les familles en difficultés économiques et de proposer des activités aux petits et grands (activités sportives et de détente, garderie, soutien au collectif associatif, organisation d'événements festifs ...). En plus, le centre social prévoit donc d'organiser une partie des activités autour du thème du rapprochement ville-campagne, répondant ainsi à la demande forte des habitants et à leurs objectifs. Les fonds européens permettraient ainsi de faire appel à des organismes extérieurs pour assurer l'animation et la coordination des activités, la communication qui permettra d'ouvrir le quartier vers l'extérieur,
et l’achat des produits agricoles qui seront tantôt supports pédagogiques tantôt l'occasion de rencontre et d'échange entre producteurs et consommateurs.
Le projet présenté dans ce document comprend toutes les activités en relation avec cette volonté de développer les relations ville ‑ campagne, y compris celles qui seront entièrement prises en charge par le centre social dans un soucis de cohérence globale.
2. Localisation
Zone urbaine : Quartier Mermoz du 8ème arrondissement de Lyon, ZRU et objectif 2
Zone rurale : Régions des départements du Rhône et de la Loire
3. Objectifs
L'objectif global de ce projet est de développer durablement de nouvelles relations entre producteurs et consommateurs. II se décline en 3 sous objectifs
:
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Sous objectif 1 :
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Découverte du milieu agricole par les familles du quartier Mermoz : faire
découvrir les pratiques agricoles et les savoir-faire locaux.
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Sous objectif 2 :
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Sensibilisation au goût, à l'alimentation et à la nutrition.
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Sous objectif 3 :
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Rencontres - échanges entre producteurs et consommateurs au coeur du quartier Mermoz.
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4. Activités
Sous objectif 1 : Découverte du milieu agricole par les familles du quartier Mermoz
Activité 1.1 : « les vacances familiales à la campagne »
Après une prise de contact avec le réseau "Accueil Paysan" provoquée pendant la première phase, les conseillères économiques, sociales et familiales (CESF) des centres sociaux envisagent de proposer des vacances à la campagne à des familles en difficultés. Un grand travail de préparation est nécessaire pour la réussite de cette activité : sélection des familles, sélection des fermes avec des activités nombreuses et variées, volonté des exploitants de recevoir des familles en situation difficile...
Cette opération sera entièrement prise en charge par le centre social de Mermoz.
Activité 1.2 : « De ferme en ferme »
Pour renforcer les liens entre les familles du quartier, le centre social organise des sorties familiales. C'est dans ce cadre qu'une participation à l'opération "de ferme en ferme" est proposée. Cette opération s'organise tous les ans depuis 2002 dans les départements du Rhône et de la Loire le dernier week-end d'avril. II est prévu d'organiser cette journée le samedi 26 avril : une ferme le matin une autre l'après-midi avec une pause pique-nique dans un pré. Deux cars transporteront une centaine de personnes soit près de 30 familles.
Activité 1.3 : Visite de fermes par le groupe « alphabétisation des adultes »
En 2003, le programme éducatif de ce groupe d'alphabétisation est développé autour de l'alimentation : les noms, les types de denrées alimentaires, l'équilibre nutritionnel... C'est donc tout à fait logiquement qu'il s'insère lui aussi dans cette tentative d'approche ville campagne. L'objectif étant d'utiliser une visite en ferme maraîchère et/ou fruitière comme support pédagogique à l'alphabétisation des adultes et de profiter de ce support pour sensibiliser aux pratiques agricoles, aux saisons, aux produits...
Une trentaine d'adultes du centre social de Mermoz, en cours de formation, seront concernés par cette action.
- Sous objectif 2 : Sensibilisation au goût, à la nutrition et à l'alimentation
"OPERATION FRUITS"
- En plus de découvrir des produits nouveaux, l'idée est d'illustrer et de visualiser
le
- cheminement du produit de la production à la consommation au travers de diverses activités.
- Le support choisi cette année est le fruit. C'est pourquoi, pour atteindre cet objectif, 3 actions
sont proposées : en amont, la visite des producteurs de fruits, (la plante et le paysan qui la cultive), les fruits, (découverte de leur forme, leur couleur, leur goût) et enfin, leur transformation.
Activité 2.1 : Visites d'exploitations fruitières
- Les enfants du centre de loisirs de Mermoz, pourront, par groupe de 10, visiter des exploitations fruitières du département du Rhône : fruits rouges et autres. Ils seront sensibilisés aux pratiques agricoles, à la notion de saison, de périodicité des fruits...
Activité 2.2 : Des fruits au goûter
- Une centaine d'enfants dégusteront des fruits de saison à l'occasion de 10 goûters le mercredi après midi au centre de loisir de Mermoz de juin à septembre 2003. Ces goûters seront l'occasion de jeux pédagogiques (dégustation de fruits yeux fermés par exemple et en deviner la nature) et d'enseignements afin de les éveiller au goût des différents fruits et de la qualité des produits alimentaires.
Activité 2.3 : Des fruits à cuisiner
- Une dizaine de mamans du centre de Mermoz et de Laënnec seront invitées au centre pour 3 journées de cuisine autour des fruits : des confitures, des tartes, des jus, des coulis... pourront être réalisés. Le choix des fruits les plus adaptés selon leur degré de maturité et leur objet, les recettes des uns et des autres sont des exemples d'expériences et de connaissances qui trouveront l'occasion d'être échangées dans une atmosphère conviviale. En terme d'organisation, le ramassage des fruits (déjà récoltés) pourra être effectuée le mercredi matin pour les goûters et les "jeudi-cuisine". Quelques 'papas jardiniers' et des mamans volontaires pourront accompagner le ramassage.
Sous objectif 3 : Rencontres - échanges entre producteurs et consommateurs
au coeur du quartier Mermoz
- Activité 3.1 : La fête de quartier
- Tous les ans depuis 4 ans, le quartier Mermoz organise un repas de quartier le soir d'une journée festive. Ces occasions de rencontre contribuent directement à renforcer le lien social entre les habitants. Il pourra être l'occasion en fin de soirée de dégustation de produits et de rencontre avec des producteurs.
Les produits laitiers feront donc partie de la fête : lait et fromages seront disponibles gratuitement en quantités de dégustation. Les producteurs présenteront leurs produits grâce à des petits stands.
Activité 3.2 : Le forum des associations
- Cette journée mise en place depuis 5 ans dans le quartier permet aux associations du quartier de présenter les actions de l'année et les projets. Une partie sera consacrée aux relations « ville-campagne » : activités réalisées dans l’année et les projets à venir. Cette exposition pourra être présentée à la mairie, dans des centres sociaux...
Les activités de l'année seront illustrées par les photos prises pendant les sorties, les dessins des enfants, des textes réalisés par des habitants...
___________________________________________________________
Université populaire Rhône-Alpes: 15/04/2003
Le rôle de l’alimentation pour notre santé
II est utile de s'interroger de temps en temps sur notre façon de manger et essayer d'acquérir certaines habitudes qui pourraient être à l'origine d'un plaisir supplémentaire: celui de prendre sa santé en main !
I Invités : Isabelle Darnis, diététicienne thérapeute du Réseau-Santé
Docteur Michel Chabuet, médecin nutritionniste
Elise Lebihan travaille au ministère de l'agriculture région Rhône-Alpes sur des demandes de projets.
Groupe de Lyon 9ème : Pour avoir la forme, manger équilibré sans dépenser plus.
L'ensemble de la journée varie, selon les menus de 2.28 euros à 4.50 euros.
- Petit-déjeuner : 0.88 euros
- 1 verre de jus d'orange
- thé ou café
- 2 tranches de pain + confiture
- 1 yaourt
-
- Déjeuner : 2.00 euros
- 1 filet de dinde ou 1 côte de porc
- 250gr de légumes verts
- 1 tranche de pain
- 1 compote de pommes
-
- Dîner: 1.60 euros
- 200gr de pâtes + gruyère râpé
- 1 salade
- 1 compote de fruits
|
- Petit-déjeuner : 0.89 euros
- 1 pamplemousse
- thé ou café ou lait ou chocolat
- 2 tranches de pain + beurre ou
- 1 portion de fromage fondu
-
- Déjeuner : 1.40 euros
- 1 steak haché
- 250 gr de riz à la tomate
- 1 salade
- 1 pamplemousse
-
- Dîner : 1.02 euros
- 1 soupe
- 1 omelette aux champignons
- 1 yaourt
|
- Diner : 1.76 euros
- 1 quiche au jambon
- 1 salade
- 1 fruit
Pour le mois, c'est à peu près de 99 euros à 118 euros sans extra : un petit tiers de
RMI.
Nous avons pris le revenu d'un RMI d'une personne seule: 362.30 euros.
On en déduit :
- Charges, loyer
- EDF:
- GDF
- Eau:
- Assurance habitation
- Abonnement bus
- Hygiène corporelle
- Domicile
- Total
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- 35.83 euros
- 22.11 euros
- 23.88 euros
- 17.40 euros
- 6.59 euros
- 7.00 euros
- 15.00 euros
- 15.00 euros
- 148.81 euros.
|
Il reste donc pour l’alimentation, l'habillement et les loisirs 219.49 euros par mois : ce qui fait un pouvoir d'achat par jour de 7.00 euros. Pour ceux qui fument, c'est 5.20 euros par jour et là le pouvoir d'achat par jour est 2.10 euros.
Groupe de St Etienne : Pour les enfants il est difficile d'équilibrer les repas. Ils disent souvent « je n'aime pas ça. » Les repas à la cantine sont équilibrés. Les enfants apprennent à manger de tout. Il est important d'éduquer le goût des enfants, il change avec l'âge. Tout excès est mauvais. Maigrir est un combat difficile. Les spécialistes ont un coût et les cures d'amaigrissement ne sont pas toujours efficaces. S'accepter comme on est. Il faut s'organiser pour la semaine, préparer pour trois ou quatre jours et conserver au frigo ou au congélateur. Il faut consommer des légumes frais et des fruits de saison de préférence sans oublier la convivialité autour de la table. Il est possible de faire des menus équilibrés sans dépenser plus. Par exemple deux oeufs sont équivalents en protéine à un steak.
Groupe de Vénissieux, Lyon 8ème : Quand on vit avec le RMI, on ne peut pas manger le matin, le midi et le soir. Normalement on devrait manger le matin mais cela saute souvent. Quand on est hospitalisé, on nous donne des menus équilibrés et cela nous donne de très bonnes références. On aimerait que les professionnels de santé nous informent davantage.
Quand on est seul, on n'a pas envie de se faire de la grande cuisine. Résultat, on ne s'alimente pas bien, on mange vite ou devant la télé. Pourtant le repas, c'est la fête, la convivialité. II faut garder le repas familial. Le fait de tous se retrouver ensemble, c'est important surtout pour les enfants.
Groupe de Bron : Les régimes ne servent pas vraiment sauf pour les malades. Nous ne pouvons pas les suivre car c'est trop cher. Nous allons au restaurant du coeur l'hiver. Ce qu'ils nous donnent ne nous permet pas de faire des repas équilibrés. On essaye de faire un menu correct une fois par semaine. C'est aussi difficile de faire un régime quand on a une famille. L'obésité est devenue un problème important pour les enfants. Beaucoup d'enfants boivent trop de boissons gazeuses actuellement. Ils vont trop souvent au Mac-Do, Quick. Nos parents nous donnaient des repas qui étaient complets. L'école devrait apprendre aux enfants à équilibrer les menus. II faut se méfier des plats tout préparés. On leur rajoute des sucres ou des graisses qui ne sont pas indispensables.
Groupe de Monceau les Mines : Nos difficultés pour une bonne alimentation : On n'a pas les moyens financiers. Prendre le temps de faire la cuisine. Savoir faite la cuisine. Ce qui nous paraît important : Trouver le temps pour trouver les ingrédients et préparer les repas. Manger à des heures régulières. Prendre le temps de manger. Manger bon pour se faire plaisir. Manger beau, sortir couverts et assiettes. Manger tous ensemble pour pouvoir parler. Manger de tout pour ne pas avoir des carences.
Groupe de Chalon sur Saône : Pour éviter de prendre du poids, il faut faite attention au gras. Faire attention au sucre. Il vaut mieux manger un fruit qu'une pâtisserie. Faire attention à la quantité, boire beaucoup pour éliminer. Pour rester en bonne santé, il faut une alimentation saine, variée, manger à sa faim, ne pas manger entre les repas, faire trois repas par jour. Mais aussi faire des exercices : la marche, danser, ça aide à rester en forme. Garder le moral, être bien dans sa peau.
Qu'attendre des professionnels ? Plus d'informations, qu'ils prennent le temps de nous expliquer. Ils n'ont pas le même langage que nous. Les régimes : Pour des personnes qui ont de gros problèmes de santé, le régime est indispensable. Les professionnels peuvent nous aider mais c'est à nous de faire le principal.
Groupe de Vaulx en Velin : Il y a des aliments qui sont chers et qu'on ne peut pas toujours acheter comme les légumes, la viande et le poisson. On peut trouver des légumes moins chers si on achète des légumes de saison et qu'on les achète au marché. On peut les avoir aussi moins chers si on vient à la fin du marché. Bien manger, il faut avoir l'habitude. Quand tu es seul toute la journée, tu n'as pas envie de faire de la cuisine. Si tu as trop de problèmes, tu ne peux pas bien manger. Quand j'ai moins de problèmes, je mange mieux et je perds du poids. Certains régimes sont difficiles car il faut les moyens. J'ai du diabète et du cholestérol, j'utilise des sucrettes qui coûtent quatre fois plus cher que le sucre.
Groupe de Lyon ler : Très souvent lorsqu'on est seul, on ne met pas d'assiette et on mange debout. II faut essayer de prendre l'habitude de s'asseoir, de mettre le couvert, de préparer au moins un plat chaud consistant. Les bonnes habitudes alimentaires ne sont pas évidentes. Le médecin peut nous conseiller, nous faire prendre conscience qu'il serait bon de changer nos habitudes alimentaires. Ce n'est pas facile. II faut s'aimer, se respecter, prendre soin de soi. Il faut manger pour vivre mais lorsqu'on a des difficultés, qu'on est au seuil de la pauvreté, a-t-on envie de vivre ?
Nous avons besoin de manger pour vivre. Bien se nourrir, c'est rechercher un équilibre.. Manger équilibré, ce n'est pas manger plus cher, c'est manger mieux, consommer les produits les plus naturels possibles qu'ils soient frais, surgelés ou en conserves. Il y a des aliments, comme les chips, le coca-cola, les plats cuisinés, qui nous apportent trop de calories et pas assez de vitamines et de sels minéraux parce qu'ils sont trop riches en sucre, en graisse et en sel. Légumes, viande, poissons, fruits, c'est ça l'équilibre alimentaire et la première chose à faire, c'est de corriger nos erreurs, de maîtriser nos goûts, nos appétits. A partir du moment où nous mangeons équilibré, nous n'avons pas besoin de suppléments de vitamines sauf bien sûr pour certaines maladies.
L'équilibre alimentaire d'un diabétique est l'équilibre parfait. Il mange de tout, il mange des fruits. Cependant il vaudrait mieux les manger pendant les repas car les fruits contiennent du sucre et les manger avec d'autres aliments élève moins le taux de sucre dans le sang. Il est important de consommer des fruits et légumes frais en respectant les saisons. L'eau est la seule boisson indispensable pour notre corps.
Comment manger bien sans trop dépenser ?
Pour des personnes présentant de réelles difficultés financières, il existe des épiceries sociales où, dans le respect du
libre choix et de la dignité, elles peuvent acheter des produits à petits prix. Ces centres organisent aussi des ateliers cuisine avec une réflexion sur la notion de repas équilibrés, échanges de recettes, de savoir-faire, rencontres avec des nutritionnistes, des diététiciens qui sont deux professionnels de l'alimentation. Le nutritionniste est un médecin qui agit sur l'alimentation par rapport à la santé et sa consultation est remboursée par la sécurité sociale sauf en cas de dépassement d'honoraires, le diététicien n'agit que sur l'alimentation et sa consultation ne sera pas remboursable sauf dans le cas d'une visite à l'hôpital.
Essayons de retrouver le goût naturel des aliments. Il vaut mieux manger en quantité raisonnable des produits naturels tels que le sucre, le beurre que de consommer des produits allégés. Un gâteau allégé aura moins de matière grasse mais plus de sucre et donc nous aurons tendance à en manger plus. Nous trouverons plus de goût à une pizza industrielle parce qu'elle est plus salée. Le sel retient l'eau et par conséquent augmente le poids des plats cuisinés. Le sel est indispensable à la vie mais trop de sel peut être dangereux pour la santé, hypertension artérielle. Le sel a tendance à augmenter l'appétit.
D'où l'importance de savoir lire les étiquettes, faire attention aux pourcentages, aux prix, ne pas toujours acheter le moins cher. Exemple, une quiche lorraine : Si nous achetons la moins chère, nous aurons beaucoup moins de jambon mais plus de lard.
Bien regarder aussi la date limite de conservation, date limite qui est écrite sur tous les produits frais et ceux qui risquent de se périmer.
L'important est surtout de bien se sentir dans son corps. Le poids peut être un facteur de risque pour notre santé. II traduit un déséquilibre. On avale plus de calories et alors nous devrions augmenter nos dépenses énergétiques en faisant des activités physiques : promener le chien, marcher, danser, bouger.
Nous avons la chance d'avoir un savoir culinaire, des plats traditionnels ; d'où l'importance de transmettre cette culture à nos enfants et
petitsenfants.
N'oublions surtout pas que manger est un des plaisirs de la vie et ce plaisir peut être encore plus grand si nous le partageons en famille, entre voisins, entre amis. Essayons de manger bien et prenons le temps de mettre un beau couvert car nous mangeons d'abord avec les yeux.
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JOURNAL LE PROGRES du 24/06/2003
L'économie solidaire pour sortir de l'exclusion alimentaire
La malbouffe n'épargne pas les plus démunis, dont les pratiques alimentaires quotidiennes sont souvent restreintes à l'essentiel. Pourtant, les personnes fragilisées veulent être de plus en plus acteurs de leur propre vie. L'économie solidaire leur offre des solutions chaleureuses, originales et qualitatives, avec des exemples en Rhône-Alpes.
« LA
Qualité alimentaire doit être abordable pour tous ». Ce souhait, de nombreuses associations caritatives l'expriment de plus en plus. Elles prennent conscience que l'offre qu'elles proposent aujourd'hui ne correspond pas forcément à l'attente d'un public en situation précaire. Une enquête du Centre technique régional de la consommation Rhône-Alpes (CTRC) a été réalisée en 2002 dans cinq quartiers en difficulté » de la Communauté urbaine du Grand Lyon (La Duchère, Mermoz, Rillieux, Saint-Priest et Villeurbanne Saint-Jean). Cette enquête a confirmé les traits déjà connus de certaines dérives alimentaires: les familles sont nombreuses, la quantité prime souvent sur la qualité et les boissons sucrés ont une place importante. 60 % de la population fait régulièrement ses courses en grande surface.
« Cependant les gens en situation économique fragile veulent de plus en plus être acteurs de leur propre vie » explique Sophie Messaoudi, qui tient l'épicerie sociale et solidaire « Passerelle d'eau de Robec » dans le 1er arrondissement de Lyon. Cette nouvelle forme d'aide alimentaire colle parfaitement à la demande actuelle des personnes en difficulté, qui ne veulent plus être les assistés des grossistes de la redistribution alimentaire. La participation financière est de 50 % pour un public de RMlstes de personnes âgées ou handicapées et même d'étudiants désargentés, qui fait ses courses « comme tout le monde » à l'épicerie solidaire. Le principal obstacle à la qualité des produits provient de leur coût. L’épicerie solidaire travaille en partenariat avec une supérette de quartier, où a lieu une collecte alimentaire deux fois par an.
. « Les donateurs nous fournissent ainsi outre les incontournables pâtes, des produits équitables» se réjouit Sophia Messaoudi. L'autre versant de cette expérience solidaire, c'est la solidarité avec les paysans de la région «en retrouvant le plaisir du goût » L'association « Artere » dans le quartier Mermoz du
8ème arrondissement se place aussi dans cette démarche de relier monde urbain et rural, à travers des marchés de producteurs ou des opérations découverte de produits agricoles avec les enfants des centres de loisirs. Solidarité Duchère travaille également dans un souci d'équilibre alimentaire et créent des ateliers d' « échanges de recettes ». « Le passe-jardin » à Bron veut recréer du lien social à travers les jardins urbains. « Les gens se reconstruisent à partir de leur nourriture » note Catherine Creuze. A
Grenoble, avec « Le marché ensemble » à l'initiative du Secours catholique, une épicerie solidaire a pris
en 2000 la dimension d'un marché avec des producteurs-paysans. « Nos produits ne sont pas forcément plus chers que la grande distribution, en particulier pour les fromages. Mais nous ne travaillons pas forcément avec des produits bio » constate Catherine Dumas.
« On veut manger beau avec de belles assiettes et de beaux couverts » ont dit dernièrement les familles militantes d'ATD Quart Monde à Élise le Bihan de la Direction régionale de l'agriculture et de la forêt (Draf), qui suit de près tous les projets associatifs et solidaires en grande partie subventionnés par la Communauté européenne. II existe actuellement en France environ 200 épiceries solidaires. Elles sont principalement concentrées géographiquement dans le Nord de la France. L'idée n'est pas neuve. Les premières coopératives solidaire datent de 1835. Elles répondent sans doute aujourd'hui au besoin de dignité et de qualité que réclament les plus démunis dans leur alimentation de tous les jours.
YVES PICARD
Alimentation: la qualité pour tous
Une rencontre débat du Centre technique régional de la consommation a mis en évidence un manque d'éducation à la santé alimentaire, et a réclamé une simplification des étiquettes des produits.Dans le cadre de son rôle économique et social, le Centre technique régional de la consommation (1) a organisé récemment à Lyon une rencontre débat sur le thème «Alimentation : la qualité pour tous », qui a réuni la plupart des experts régionaux de ce sujet, issus des secteurs de la santé, de l'agriculture et de la consommation.
Ce colloque faisait suite à une enquête du CTRC mettant en évidence les pratiques alimentaires dans plusieurs quartier: en difficulté du
Grand-Lyon.
« On s'est rendu compte que la qualité de l'alimentation et l'équilibre diététique entre les produits laissaient beaucoup à désirer dans ces quartiers populaires. Cela notamment à cause d'un manque d'éducation à la santé alimentaire, qui pourrait se faire d’une part en direction des enfants dès l’école, et d'autre part en direction des parents par les structures associatives, mais aussi à cause d'un manque de moyens financiers », commente Jean-Marc Monterrat, président du CTRC.
En particulier, les dérives alimentaires « à l'américaine », avec abus de sucreries et de boissons-sodas y ont été dénoncées, face à la montée de l'obésité dans notre pays.
Des associations de consommateurs, comme le CLCV et l'UFCS/Familles Rurales, proposent de simplifier les étiquettes des produits, « trop compliquées et incompréhensibles pour les trois quarts des gens ». II s'agirait de remplacer notamment les termes «lipides » par «matière grasse », « glucide » par « sucre », la valeur énergétique en calories pourrait être remplacée par un graphique-camembert, des points couleurs apporteraient également davantage de visibilité.
Dans cet objectif de meilleure éducation. nutritionnelle, l'UFCS/Familles Rurales organise régulièrement des initiations à la lecture des étiquettes et aux différents signes de qualité, comme le Label rouge ou l'AOC.
(1) CTRC, Espace consommateur. 18 rue de Condé 69002 Lyon, tel : 04.78.42.30.06.
Les épiceries solidaires répondent sans doute aujourd’hui au besoin de dignité et de qualité que réclament les plus démunis dans leur alimentation de tous les jour
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